Test de Amped 3
écrit par Yugxul
 
 
Salut les p’tits clous !!! Non, démodé… Jourbon, les d’jeunz !!! Non, ça, je kiffe vraiment pas. Bon, on va continuer comme d’habitude, ce sera plus sûr. Voici venir le dernier né de la série AMPED sur la console next-gen de chez Microsoft. 2K GAMES et INDIE BUILT INC. tentent visiblement de faire ombrage au SSX de EA BIG, bien que ce soit difficile de comparer deux jeux de styles si dissemblables et opposés. L’un table sur un réalisme des mouvements et des pistes quand l’autre ne mise que sur le fun et le côté arcade, dans des mouvements dignes d’un superman en classe de neige et des pistes dessinées par un Tex Avery en herbe. Dissemblables, vraiment ? Quelles sont les limites de ce parti pris ? Vous le saurez dans mes nouvelles aventures : Yugxul se lance dans le snowboard.
 
 
 
 
Je peux savoir où ils sont mes bâtons ?
 
Tout d’abord, vous serez heureux d’apprendre qu’il existe dans ce nouvel opus, non plus un mode carrière mais un mode histoire. Pour vous immerger complètement et vous permettre de personnaliser un peu, vous pourrez donc ici créer votre propre personnage. Malheureusement, ne croyez toutefois pas laisser libre cours à votre esprit créatif car vous resterez sur votre faim. Vous aurez ainsi le choix du sexe (deux genres disponibles), de votre gabarit (du corps, hein les gars, on se calme), du visage (sept disponibles), la couleur de ta peau (cinq disponibles), après tu peux te la jouer en te mettant un grain de rebelle attitude avec des tatouages de folie et en jouant sur la coupe et la pilosité faciale. A moi la coupe afro dont j’ai toujours rêvé et la barbichette à la Pirès. Vous pourrez ensuite choisir son équipement, à savoir le board et ses vêtements. Même si le choix est relativement restreint au départ, vous débloquerez rapidement de nouvelles tenues, dont la variété reste limitée cependant. Vous l’aurez compris, on est bien loin d’un Topspin.

L’histoire en elle-même est une suite ininterrompue de gags pipi-caca et de situation mélo-dramatico-déjantée à la sauce MTV pour que ça plaise au djeunz. Bon, c’est un parti pris et un changement radical dans la série des AMPED. Ceci dit, l’histoire est le seul moyen de débloquer des nouveaux spots de glisses, alors vous serez obligés de vous la taper. Elle évoluera à grands renforts d’effets spéciaux de lycéens boutonneux, comprenez qu’il s’agit de petits films dont la réalisation change selon celui qui raconte l’histoire. Ca se laisse regarder, mais ne vous attendez pas à du Scorsese. Ceci dit, l’histoire n’est là que pour amener un nouveau style à la série, tout en tentant de lui apporter un univers propre. C’est pari gagné, mais le résultat est plutôt déconcertant.

La variété est cependant toujours au rendez-vous, car la substantifique moelle du jeu est encore là. En effet, vous aurez énormément de choix concernant ce que vous pourrez faire, et cela vous obligera notamment à maîtriser chaque aspect de votre rider. Ainsi, au fur et à mesure que vous avancerez, les spins, flips, grinds, butters et autre aerials n’auront plus de secret pour vous. Ne vous attendez pas à enchaîner les tricks avec des rotations de folies comme sur un SSX mais plutôt à faire une seule figure, mais bien faite, notamment en n’allant pas à fond sur le stick lors de vos sauts. La difficulté d’exécution a cependant été revue à la baisse et vous n’aurez aucun mal à enchaîner les tricks. Les réceptions sont faciles et hormis vous coincer le doigt sous la planche lorsque vous vous posez, les chutes sont assez rares. C’est le même principe pour les grinds. Vous n’aurez qu’à maintenir votre équilibre sur n’importe quel tronc d’arbre pour devenir un pro. La chute est quasi inexistante dans ce jeu, donc dîtes enfin adieu à votre style ras-du-sol et à votre sobriquet de teckel des neiges.

Vous aurez besoin de bien maîtriser votre rider pour réussir les nombreux défis à votre disposition. En effet, vous aurez 12 défis différents pour vous permettre de vous éclater sur les pentes disponibles. Vous devrez ainsi faire de la vitesse en passant par des portes, que ce soit en snowboard, en luge ou en motoneige, vous devrez suivre un parcours plus ou moins compliqué en passant à travers des anneaux ou en ramassant des items sur votre chemin, vous devrez marquer un maximum de points en un temps limité, battre des pros de la glisse et le top du top à mon goût, se faire le plus mal possible en chutant alors que l’on descend la piste en luge. Chaque défi est noté selon la performance et la récompense est une médaille en métal plus ou moins précieux selon sa qualité. Un autre défi, et non le moindre, vous obligera à parcourir chaque versant de montagne avec acharnement en impressionnant par vos sauts de malade mental les badauds disséminés çà et là. Ceci vous permettra alors d’être le maître incontesté des riders du coin et de posséder la montagne tel le Dalaï Lama des pistes.

Tous ces défis sont disséminés sur 7 montagnes différentes dont 3 sont composées de 3 versants accessibles. Là encore, la variété est au rendez-vous et sur les pistes à multiples versants, vous aurez la possibilité de passer d’un versant à l’autre en jouant sans temps de chargement. Cela vous permettra de faire des descentes d’une longueur incroyable. Par contre, les environnements en eux-mêmes sont relativement proches les uns des autres. Je sais que la neige est blanche partout, mais les différentes montagnes n’ont pas d’identité propre et c’est bien dommage. On enfile les différentes pistes sans pour autant les différencier véritablement. Un bon point cependant, vous aurez différents accès dans chaque piste, ce qui vous permettra de les visiter en intégralité et d’en voir chaque aspect : ils sont blancs, il y a des arbres et chose incroyable, vous pourrez faire des sauts, des grinds et autre prouesse technique.

Une autre innovation vous permet de construire votre propre park. Cela se limite malheureusement à modifier les parcours existant en y ajoutant des éléments que vous aurez préalablement débloqués. C’est assez utile pour faciliter un défi mais l’intérêt est restreint, autant que le nombre d’éléments que vous pouvez insérer en même temps sur les pistes. Cela dépend de leur taille mais aussi malheureusement de leur intérêt.
 
 
 
 
La poudreuse c'est génial mais à plusieurs c'est le paradis
 
On nous l’avait promis, chaque jeu sortant sur la nouvelle console de Microsoft sera compatible Xbox Live. C’est d’ailleurs confirmé sur les jaquettes, car le symbole de cette compatibilité y porte une bonne place. Ce qui est dommage, c’est que c’est la seule place qu’elle prenne dans ce soft. Le seul aspect du jeu qui soit compatible Live est le score que vous ferez sur chaque défi et votre classement mondial. Très intéressant de parcourir un tableau assez austère et dont l’intérêt est plus que limité. Donc pas la peine d’en parler. Oups, c’est déjà fait.

Ne comptez en outre pas trop sur ce soft pour vous éclater entre potes : le seul mode de jeu où vous pourrez jouer avec un ami étant une descente en luge qui prend une grande place dans votre cœur une fois que vous avez réussi à l’oublier. Limité, c’est le mot qui résume au mieux l’aspect LIVE de ce jeu.
 
 
 
 
Comment ça il y a pas de bâtons ? Je fais comment pour mon planter de bâtons alors ?
 
Nous tombons donc de Charybde en Scylla lorsque l’on aborde la réalisation de ce jeu. En effet, il regorge de défauts, qui pris individuellement ne sont pas si terribles que cela, mais leur accumulation frise l’insulte au bon goût.

Tout d’abord, graphiquement, on est très loin de la claque graphique que l’on aurait pu attendre. En effet, même si la profondeur de champs est assez incroyable et vous permet de vois l’intégralité de la montagne depuis ses hauteurs, la qualité graphique n’est pas au rendez-vous. La neige pour commencer, rien de plus simple à faire. C’est blanc et damé à certains endroits. Cependant, votre sillage est ridiculement mal fait, et vous aurez vraiment du mal à croire que vous êtes dans de la neige. C’est simple, on a l’impression de jouer sur un jeu Xbox. La révolution n’est pas là. Les arbres sont tous identiques et aussi vivants qu’un pot de chrysanthèmes artificiels, les autres riders qui fourmillent sur les pistes sont ce qui se fait de mieux en matière d’imitation de paresseux et les textures ne sont pas dignes d’une console nouvelle génération.

Côté réalisation, on reste également sur notre faim. Je n’ai pas fait trop de ski dans ma vie. Question de budget et d’éloignement, car les pentes ne sont pas nombreuses en Bretagne. Ceci dit, je sais que toucher un rocher ou une motte de terre en ski et c’est la chute assurée. Ici, point de cela. Les rochers sont vos amis et vous servent principalement de tremplin tout en apportant une touche d’authenticité aux montagnes. Les arbres sont vos également dans votre carnet de rendez-vous car un sapin pris en pleine face vous dévie à peine de votre course et vous déséquilibre très peu. On se rassure, on se dit que c’est tout pour la glisse, à fond dans le kif. Là encore, déception. Vous descendez des murs dignes des Pink Floyd sans pour autant prendre de la vitesse et vous conserverez une vitesse de croisière comparable à une Micheline sur le retour. Les bugs d’affichage sont légions également, mais le plus étonnant pour moi fut de voir mon personnage lors des animations cinématiques. Je lui avais choisi une superbe tenue de cow-boy et la seule chose que je voyais de lui était son chapeau. Quel étrange spectacle que de voir un ahuri parler de la meilleure façon de faire du snowboard à un chapeau volant.

Ceci dit, il y a quand même de bons côtés, enfin moins mauvais que les autres. Côté musique, on a droit à un panel musical assez large et bien en phase avec l’univers du jeu. Un univers rock, pop, RNB voire hip-hop auquel vous pouvez ajouter votre propre conception de ce que la musique fait de mieux. Cela vous permet de faire des descentes avec votre baladeur sur les oreilles et sans être inoubliables, les musiques sont variées et raccord avec l’univers snowboardesque. Côté durée de vie, on a fait mieux mais également pire. En effet, il ne m’a fallu qu’une vingtaine d’heures pour effectuer tous les défis du jeu en décrochant une médaille d’or. Il ne m’en manque que deux pour être honnête.
 
 
 
 
AMPED 3 prend un virage à 180°. Il passe de la presque simulation au presque arcade sans grande réussite. Même si cela rend ce jeu plus accessible au grand public, il risque de perdre l’identité et l’originalité qui lui avait valu de bonnes critiques lors de ses débuts. De plus, la réalisation n’étant pas au niveau des ambitions du jeu, on est vite déçu par ce jeu qui, cela semble le cas pour quelques jeux du line-up de la 360, est visiblement bâclé.

Seul le côté addictif et vaguement fun de ce jeu semble de nature à l’empêcher de sombrer dans l’oubli des séquelles pourries telles un PREDATOR 2 ou un MARS ATTACK. Ah bon, c’était le premier ? On y joue et on se laisse aller, mais le plaisir n’est pas vraiment au rendez-vous.
 
 
 
 

+ -
- Un côté addictif prononcé
- Une musique variée et en phase avec le titre
- Une réalisation digne de la Xbox
- Une maniabilité parfois aléatoire
- Le côté simulation perdue
- AMPED ?

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