[TEST] Onimusha: Way of the Sword, le retour tranchant de la licence de Capcom !

Après plus de vingt ans d’absence, Onimusha revient enfin avec un épisode inédit. Et pas question pour Capcom de faire dans la demi-mesure : Way of the Sword nous emmène dans une Kyoto du XVIe siècle où le Japon féodal rencontre les créatures surnaturelles de la série. À la tête de cette nouvelle aventure, on retrouve Miyamoto Musashi, incarné par une modélisation inspirée du légendaire acteur Toshirō Mifune… même si personnellement je trouve qu’il a de faux airs de Seong Gi-hun, le fameux joueur 456 du phénomène mondial Squid Game.

Le pari est donc simple sur le papier : reprendre les bases qui ont fait le charme des épisodes PlayStation 2 tout en les modernisant suffisamment pour ne pas donner l’impression de jouer à un titre sorti il y a vingt ans. Et si tout n’est pas parfait, force est de constater que Capcom sait encore manier le sabre.

Un Japon féodal pas comme les autres

Dès les premières minutes, Way of the Sword pose son ambiance. Temples, ruelles, forêts de bambous, palais et autres bâtiments traditionnels côtoient des créatures démoniaques et une mystérieuse corruption qui transforme progressivement le paysage. Le mélange entre histoire japonaise et fantastique fonctionne particulièrement bien.

Capcom n’a d’ailleurs pas oublié ce qui faisait l’identité d’Onimusha. Les affrontements avec les Genma, l’absorption des âmes et l’utilisation des pouvoirs Oni sont toujours de la partie tandis que la mise en scène et les combats de boss donnent régulièrement au jeu des airs de grand spectacle.

Et même si Kyoto est loin d’être la plus animée des capitales, la ville réserve quelques belles surprises. Elle constitue un véritable terrain d’exploration, avec des chemins secondaires, des zones cachées et de nombreux recoins à inspecter. On est loin du gigantesque monde ouvert moderne, mais ce format plus resserré fonctionne assez bien.

Quand le sabre rencontre le timing

Mais soyons honnêtes : si l’on vient jouer à Onimusha, c’est avant tout pour trancher du Genma. Et sur ce point, Capcom ne déçoit pas.

Les combats sont rapides, nerveux et particulièrement gratifiants. Le système repose énormément sur le timing, notamment avec les parades et les contres qui permettent de prendre l’avantage sur son adversaire. Il ne suffit donc pas de marteler les boutons en espérant que Musashi fasse le ménage : observer son ennemi, attendre le bon moment et placer son attaque à l’instant adéquat deviennent rapidement indispensables.

Cette approche donne aux affrontements une vraie profondeur. Les combats les plus difficiles peuvent demander plusieurs tentatives mais la progression du joueur se fait naturellement : on apprend les attaques, on comprend les timings et, petit à petit, les adversaires qui nous posaient problème quelques minutes auparavant deviennent beaucoup plus faciles à gérer.

C’est précisément là que Way of the Sword rappelle pourquoi la série Onimusha avait marqué son époque : derrière son apparence de défouloir sanglant se cache un jeu qui demande finalement pas mal de réflexion.

Kyoto, capitale du secret

L’autre grande nouveauté de cet épisode est évidemment sa structure. Way of the Sword propose certes des séquences linéaires, à l’instar des anciens opus, mais il les couple avec l’espace de jeu beaucoup plus ouvert de Kyoto, ayant à la fois la fonction de hub central de luxe et de mini open world accueillant nos pérégrinations. S’agrandissant progressivement et invitant à revenir dans des endroits déjà visités afin de découvrir de nouveaux passages ou récupérer des objets, la ville permet de lancer les missions et d’affronter des groupes d’ennemis y ayant élu domicile. Malheureusement, Kyoto manque cruellement de vie. On traverse de belles rues mais celles-ci donnent souvent le sentiment d’être désertes. Quelques habitants et événements viennent ponctuellement casser cette impression mais on aurait aimé une capitale un peu plus animée.

L’exploration reste néanmoins l’une des qualités du jeu. Way of the Sword aime cacher ses récompenses et nous incite à regarder derrière chaque porte, dans chaque recoin et parfois à revenir dans une zone avec de nouvelles possibilités. Et il y a réellement de quoi fouiller ! Coffres, ressources, objets cachés, missions secondaires et autres petits secrets sont disséminés un peu partout. Les plus curieux seront donc régulièrement récompensés par l’incroyable densité que propose la ville.

Le revers de la médaille, c’est que la quantité d’objets à récupérer peut finir par donner une impression de remplissage. Les amateurs de complétion auront largement de quoi faire tandis que les joueurs qui veulent simplement suivre l’histoire risquent de se détourner des fonctions d’amélioration de l’équipement pour éviter d’aller récupérer sans cesse lesdites ressources. D’autant plus que les groupes d’ennemis réapparaissent inexorablement et qu’une zone n’est donc jamais sécurisée à 100%.

Ce n’est pas dramatique mais cela contribue à donner au jeu quelques longueurs. Bien sûr, si vous préférez enchaîner les missions principales sans prendre part à cette perpétuelle chasse aux trésors, alors le rythme du jeu n’en sera que plus soutenu !

Une belle lame, mais pas forcément un sabre laser

Visuellement, Onimusha: Way of the Sword fait le travail. Le RE Engine permet notamment de proposer des personnages très détaillés et des décors particulièrement réussis. Les environnements japonais, les créatures et les affrontements profitent d’une direction artistique soignée.

Mais attention à ne pas s’attendre à une claque technique absolue. Le jeu est beau, parfois même très beau, mais il ne cherche pas forcément à repousser les limites de la Xbox Series X. On remarque notamment la différence entre certains environnements particulièrement travaillés et des zones plus génériques, notamment les feuillages des arbres souvent assez indigents.

C’est finalement la direction artistique qui fait le plus gros du travail. Le mélange entre architecture traditionnelle, horreur surnaturelle et Japon féodal fonctionne à merveille et donne au titre une personnalité que beaucoup de productions plus techniquement impressionnantes pourraient lui envier.

L’aspect musical est également notable même si le jeu est relativement chiche en compositions pour nous accompagner dans notre aventure, gardant celles-ci pour les moments clés comme les cinématiques et certains affrontements. En l’occurrence, c’est plutôt tout le travail réalisé sur les bruits environnementaux et les bruitages que je trouve particulièrement réussi et immersif, nous happant vraiment dans l’univers en rendant les scènes parfaitement crédibles. Et la cerise sur le gâteau est bien évidemment que le jeu est intégralement doublé et traduit en français, sans oublier la possibilité de s’y adonner en japonais sous-titré en français, voire en allemand sous-titré espagnol si vous avez perdu un pari.

L’ADN Onimusha, avec une petite touche de modernité

Capcom n’a pas simplement ressorti la licence du placard pour lui coller une structure de monde ouvert et quelques mécaniques modernes. Le studio a cherché à conserver ce qui faisait son charme tout en l’adaptant aux standards actuels.

Les niveaux restent régulièrement plus linéaires, les combats occupent toujours une place centrale et l’exploration sert principalement à renforcer Musashi et son équipement. Le résultat n’est donc pas un énième monde ouvert gigantesque dans lequel on passe son temps à grimper sur des tours…

Et lorsque le jeu revient à ses fondamentaux (à savoir une zone bien construite, quelques ennemis, un peu d’exploration et un gros affrontement au bout), Onimusha est franchement dans son élément.

Une aventure qui prend son temps

Il faudra compter environ une vingtaine d’heures pour la campagne principale, avec évidemment beaucoup plus si vous souhaitez explorer Kyoto de fond en comble et récupérer tout ce qui traîne. Certains joueurs pourront même pousser l’expérience vers les 25 à 30 heures en s’intéressant davantage au contenu optionnel.

Une durée plutôt confortable pour ce type d’aventure. Le problème vient davantage du rythme : le tout début du jeu, faisant office de tutoriel et de mise en place du cadre, puis plus tard certaines activités secondaires et certains affrontements répétés donnent parfois l’impression que Capcom cherche à étirer artificiellement une aventure qui aurait gagné à rester un peu plus concentrée. Toutefois, les matériaux récoltés ne seront pas de trop pour débloquer et améliorer les différents équipements de notre protagoniste, dont je vous laisse le soin de découvrir la grande diversité. C’est donc plutôt au joueur de trouver la façon la plus ludique pour lui de s’adonner à l’aventure : foncer en ligne droite en suivant uniquement la trame narrative principale au risque d’être un peu juste au niveau du développement de ses compétences, ou au contraire explorer les trésors de la ville dès que possible au risque de s’ennuyer ? Un certain entre-deux me paraît en tout cas la meilleure approche, chacun mettant le curseur là où il le souhaite.

Onimusha: Way of the Sword

📝 Conclusion

Onimusha: Way of the Sword n’est peut-être pas le retour parfait que certains fans attendaient mais il réussit l’essentiel : Onimusha est de retour et il sait toujours manier le sabre. Son système de combat est clairement son meilleur atout. Rapide, technique et basé sur le timing, il demande suffisamment de maîtrise pour nous pousser à progresser sans tomber dans une difficulté artificielle. À cela s’ajoutent une excellente ambiance de Japon féodal fantastique, une direction artistique réussie et une Kyoto qui, malgré son manque de vie, regorge de petits secrets. C’est davantage lorsque Capcom cherche à moderniser sa formule que le bât blesse : les activités secondaires peuvent devenir répétitives et la chasse aux collectibles pourra finir par lasser les moins complétistes. Mais lorsque Musashi dégaine son sabre et que les Genma commencent à affluer, les quelques défauts du jeu deviennent soudain beaucoup plus faciles à oublier. Way of the Sword n’invente pas un nouveau genre : il remet simplement une vieille recette au goût du jour. Et parfois, c’est largement suffisant.

✅ Points positifs

  • Des combats rapides, nerveux et particulièrement stylés
  • Une excellente ambiance mêlant Japon féodal et surnaturel
  • Un système de parade et de contre basé sur le timing
  • Une Kyoto étonnamment dense
  • Une modernisation réussie de la formule sans abandonner l’ADN Onimusha

❌ Points négatifs

  • Kyoto manque cruellement de vie
  • Une quantité de collectibles qui peut finir par sembler excessive
  • Certaines activités et séquences qui manquent de variété
  • La combinaison LT+RT utilisée pour 2 fonctionnalités à la fois et qui en active même parfois une 3ème
80%

👨‍💻 Développeur : Capcom

🏢 Éditeur : Capcom

📅 Sortie : 04/09/2026

🎮 Plateformes : Xbox Series, PS5, PC

🧪 Testé sur : Xbox Series X

🎁 Code fourni par l’éditeur

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