Aujourd’hui nous allons vous parler d’un jeu qui ne cherche pas à impressionner par sa démesure, mais plutôt par sa sincérité. Will : Follow the Light, développé par Tomorrow Head Studio, il appartient clairement à cette famille. Il s’agit là d’un titre modeste, presque discret. Il s’impose comme une parenthèse nordique ou l’on avance moins pour jouer que pour ressentir. Et malgré quelques longueurs inhérentes au genre, l’expérience fonctionne, parce qu’elle sait toucher juste.
Une histoire de pères et de fils, racontée avec pudeur
WILL: Follow The Light nous met dans la peau d’un gardien de phare isolé dans les mers du Nord. Une nuit, un message radio brisé, presque supplié, évoque son fils disparu. Sans hésiter, il quitte son phare, embarque sur son voilier et entame un périple qui le mènera d’îles battues par les vents à des villages abandonnés, jusqu’aux montagnes enneigées où l’attendent ses souvenirs les plus lourds.
Le jeu ne cherche jamais à en faire trop. Pas de cinématiques tonitruantes, pas de retournements artificiels. L’écriture joue la carte de la sobriété, parfois même de la retenue. Les thèmes — la paternité, la culpabilité, la transmission, le deuil — sont abordés avec une sensibilité qui évite le pathos. On sent que TomorrowHead Studio préfère suggérer plutôt qu’expliquer, laisser respirer plutôt que marteler.
Le rythme narratif, lui, est volontairement lent. C’est un choix assumé, mais qui pourra en dérouter certains. Les silences sont nombreux, les dialogues rares, les moments contemplatifs fréquents. Pourtant, cette lenteur sert le propos : elle laisse le temps d’habiter les lieux, de ressentir le poids des souvenirs, de comprendre ce père qui avance autant vers son fils que vers lui-même.
Un gameplay simple entre navigation, exploration et énigmes
WILL: Follow The Light est un walking sim dans l’âme. Ceux qui attendent un gameplay dense ou une progression complexe risquent d’être déçus. Mais pour ceux qui apprécient les expériences narratives, le jeu propose une boucle de gameplay cohérente et variée.
Le voyage est composé de plusieurs types de séquences :
- Navigation en voilier, avec gestion du vent et de la direction. Rien de technique, mais suffisamment immersif pour donner l’impression de réellement traverser ces mers froides.
- Exploration à pied, souvent dans des environnements superbes, où l’on suit des traces, observe des objets, active des mécanismes.
- Séquences en traîneau à chiens, plus dynamiques, qui apportent une respiration bienvenue.
- Puzzles environnementaux, jamais difficiles, mais bien intégrés à la narration.
Les énigmes sont accessibles, parfois même un peu trop. Elles servent davantage de ponctuation que de véritable défi. Leur logique est claire, leur lisibilité bonne, et elles ne cassent jamais le rythme — ce qui est un compliment dans un jeu qui mise sur l’immersion.
Oui, il y a des moments où l’on marche longtemps. Oui, certaines zones auraient gagné à être plus condensées. Mais ces longueurs ne sont pas des erreurs : elles sont la conséquence directe du choix artistique. WILL: Follow The Light veut que l’on prenne le temps, que l’on s’imprègne, que l’on contemple.
Si l’on accepte cette philosophie, la magie opère.

Une direction artistique lumineuse
C’est probablement le plus grand atout du jeu : sa direction artistique. TomorrowHead Studio a su créer un monde nordique à la fois rude et magnifique. Les paysages marins, les falaises battues par le vent, les forêts silencieuses, les villages désertés… tout respire l’authenticité et la mélancolie.
La gestion de la lumière est particulièrement réussie. Le soleil bas sur l’horizon, les reflets sur l’eau, les halos dans la brume : chaque scène semble pensée pour raconter quelque chose.

Notre verdict :
WILL: Follow The Light n’est pas un jeu pour tout le monde. Il est lent, contemplatif, parfois étiré. Mais il est aussi sincère, touchant, magnifiquement mis en scène. Ceux qui aiment les expériences narratives à la Firewatch. y trouveront un voyage profondément humain, porté par une direction artistique inspirée et une ambiance sonore remarquable.
Malgré ses longueurs, le jeu réussit ce qu’il entreprend : raconter une histoire de père et de fils avec pudeur, sensibilité et lumière.
Et au final, oui : cette lumière mérite d’être suivie.
Code fourni parle studio.
